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05.06.2008

FAO : show de Mugabe et Ahmadinejad

Ahmadinejad, Mugabe: des invités embarrassants

La première journée du sommet de la FAO à Rome a également été marquée par les déclarations fracassantes de deux chefs d'Etats controversés: l’Iranien Mahmoud Ahmadinejad et le Zimbabwéen Robert Mugabe. Outre ses attaques contre Israël, le président Iranien a appelé à régler la crise alimentaire hors du cadre des Nations unies où des puissances imposent, selon lui, leur décision au Conseil de sécurité. Le président zimbabwéen s'est, quant à lui, livré à une violente critique contre le Royaume-Uni, accusant son ancienne puissance coloniale d'œuvrer pour empêcher le Zimbabwe de commercer avec le reste du monde.

C’est Mahmoud Ahmadinejad qui a, le premier, pu profiter de la tribune qui lui était offerte. Le président iranien s’en est implicitement mais clairement pris à Israël et aux Etats-Unis. Il a notamment dénoncé des politiques agressives qui dévaluent le dollar en toute conscience favorisant, selon lui, la hausse du prix des carburants pour assurer le coût des guerres et des occupations.

Mahmoud Ahmadinejad a aussi attaqué l’ONU qui n’est pas, selon lui, qualifiée pour résoudre le problème de la crise alimentaire. Il a accusé certaines puissances d’y imposer leurs décisions et de l’instrumentaliser.

Le président iranien a enfin dans une conférence de presse donnée en marge de son discours, prophétisé une nouvelle fois la destruction d’Israël, avec ou sans implication de l’Iran.

De son côté, Robert Mugabe s’en est pris au Royaume-Uni, ancien pays colonisateur, qu’il accuse de n’avoir pas digéré la redistribution des terres : « Nous avons démocratisé le système de la propriété foncière, a-t-il expliqué, ce qui a provoqué la colère de nos anciens maîtres coloniaux. »

Le président zimbabwéen a assuré avoir redonné à 350 000 paysans africains des terres jusqu’alors détenues par 4 000 Britanniques et que c’est en représailles que le Royaume-Uni a imposé, avec ses alliés occidentaux, des sanctions économiques qu’il juge illégales.

Ces sanctions auraient, selon Robert Mugabe, pour objectif d’affaiblir le pays afin de faire chuter son gouvernement.

Source : RFI

04.06.2008

Affaire FAO : Wade a peut-être raison

AFFAIRE FAO : Abdoulaye Wade attaque son "Frère Diouf" et pourquoi n'aurait'il pas raison ?

0612b5645b398eb35e73987ad3b34d67.jpgIl y'a deux semaines, dans un discours télévisé (à RTS - chaîne sénégalaise), alors que son pays est menacé par les manifestations contre la cherté de la vie, le président sénégalais à critiqué l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Le président sénégalais à affirmé que la FAO était "Un gouffre d'argent largement dépensé en fonctionnement pour très peu d'opérations efficaces sur le terrain". Selon lui, cette organisation est inefficace. Il a demander la suppression de cette institution dont le président est le sénégalais Jacques Diouf et la création d'une autre organisation plus efficace et installée en Afrique, c'est à dire au cœur du problème et non pas à Rome.

La part de vérité
Dans le système pratiqué par la FAO, le problème alimentaire africain est pris en aval et non en amont. La FAO ne fait pas d'important programme alimentaire mais que des dons. L'Afrique préfère comme l'a dit A.Wade un "investissement innovant dans l'agriculture en Afrique" car l'Afrique n'entend pas faire de l'aumône qui ne règle en rien son problème. Le problème dans certains pays africains c'est que les producteurs n'ont pas assez de moyens pour planter en quantité et peu de moyens techniques modernes qui permettraient d'atteindre une autosuffisance alimentaire au niveau nationale.

e108d72cdf383803fcb0f0b31d2331d5.jpgPrenons pour exemple la Côte d'Ivoire qui a aussi connut des émeutes de la faim. Dans ce pays Ouest-africain, le riz constitue la nourriture de base d'une grande partie des populations. L'État importe 700 mille tonnes de riz pour plus de 152 milliards de FCFA (à peu près 232 000 000 €) par an. Et pourtant, certains pays fournisseurs comme la Chine, la Thaïlande premier producteur mondial du riz, n'ont pas été aussi "gâtés" par la nature que la Côte d'Ivoire. L'espace cultural et la démographique galopante sont autant d'éléments qui devraient faire de ce dragon d'Asie, une oasis de famine. Mais que non, le 1 milliard 600 millions de chinois mangent suffisamment et arrivent à exporter le surplus vers les autres pays notamment la Côte d'Ivoire.
De sur croix, selon les experts, le riz pousse partout en Côte d'Ivoire ! et on peut facilement et rapidement ramener les importations à 5 mille tonnes par an comme le veut l'État mais les moyens injectés restent insuffisants.

Pour revenir à la FAO, son budget s'élève chaque année à 867,6 millions de dollars, le président Wade à lui dénoncé "certaines ONG, goulues et dévoreuses de ressources d'aide qui en absorberont une bonne partie au moyen de toutes sortes d'artifices, en administration, voyages et frais d'hôtel luxueux de soi-disant experts, plutôt qu'en actions".

La réponse de Diouf
Jacques Diouf a lui jugé "inopportunes" les virulentes déclarations du président sénégalais et l'a renvoyé "à ses problèmes".

La position de Ban-Ki Moon
Devant cette allocation solennel du Président Wade, Ban-Ki Moon compatit mais n'entend pas céder, il a affirmé à la presse : "Vu la gravité et le sérieux de la situation, je veux comprendre l’irritation de beaucoup de dirigeants africains et compatir avec eux, y compris le président Wade du Sénégal".

Pour finir, on peut resté serein, ce problème alimentaire qui existe depuis plus de 40 ans sur le continent africain se règlera certainement dans un peu moins d'un mois à Rome (siège FAO). Enfin, c'est ce que nous croyons ! ce qui est sûre, il se tiendra une importante réunion internationale sur la crise alimentaire mondiale à l'extérieur du continent le plus pauvre.

Par Akwa Bahi Jean-Christophe.