01.12.2008
Election présidentielle : Un face-à-face télévisé entre Gbagbo, Bédié et Ouattara s`impose
«Il est de notoriété que Monsieur Gbagbo et son parti n’ont jamais eu de programme de gouvernement eux qui se contentent de plagier de la plus mauvaise manière leurs prédécesseurs, incapables qu’ils sont de comprendre ce qu’ils copient comme des robots. Comment, dans ces conditions, Monsieur Gbagbo pourrait-il soutenir un ou des débats sur des programmes de gouvernement qui n`existent pas et dont il se demande comment un tel document se confectionne ? Il sait qu’il sera ridicule, parce qu’il ne s’agira pas de venir sortir des clichés usés du genre : “Nous allons gouverner autrement”.
Ces formules creuses pour amuser la galerie et autres galéjades pour séduire des pommés et des gueux se disant patriotes ne font plus recette. D’ailleurs, si l’audimat de la radio et de la télévision nationale FPI a chuté de façon si vertigineuse, c’est parce que les Ivoiriens en ont ras-le-bol des menteries qu’on leur déverse à longueur de journée et qui sont quotidiennement contredites par les faits. Monsieur Gbagbo sait qu’il est incapable de soutenir le moindre débat politico-socio économique avec le président Bédié et le Premier ministre Ouattara. Parce que soutenir un débat avec quelqu’un, ce n’est pas se rendre dans les agoras et les fora pour donner son “gbô” à des crétins et à des va-nu-pieds qui se contentent d’avaler sans discernement ce qu’on leur sert. Il faut convaincre et surtout mettre ses adversaires et contradicteurs K.O. Il se trouve que nous ne voyons pas dans quel registre et avec quels arguments Monsieur Gbagbo pourrait mettre K.O le président Bédié et le Premier ministre Ouattara».
Ces propos à la fois injurieux, démagogiques et truffés de contrevérités sont un extrait d’une chronique du Professeur Niamké Koffi alias Doubé Binty, militant du PDCI-RDA, porte-parole de Henri Konan Bédié et du PDCI), publiée dans le quotidien «Le Nouveau Réveil» (proche du PDCI-RDA) daté du samedi 29 novembre 2008.
Au-delà du venin qui le caractérise, ce pan du texte de Doubé Binty met subtilement au goût du jour une préoccupation qui nous paraît essentielle. A savoir organiser un débat contradictoire à la télévision nationale, durant la campagne pour l’élection présidentielle, entre les principaux candidats que sont Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara. Cet exercice constituera un grand pas en avant pour la jeune démocratie ivoirienne en pleine construction. Mais un tel débat que l’on voudra totalement dépassionné entre Gbagbo, Bédié et Ouattara s’impose pour d’autres raisons fondamentales. D’abord, ce sera l’occasion pour chacun d’eux de présenter son projet de société et son programme de gouvernement. Ensuite, ils s’expliqueront sur leur gestion de la Côte d’Ivoire. Enfin, ils répondront aux accusations portées contre chacun d’eux à propos de leur responsabilité dans le drame que vivent les Ivoiriens depuis septembre 2002. Et même bien avant cette date, soit depuis 1993.
Du programme de gouvernement des candidats
Les partis politiques qui portent leurs candidatures respectives (FPI, PDCI-RDA et RDR) et leurs différents états-majors soutiennent que Gbagbo, Bédié et Ouattara possèdent tous des programmes de gouvernement et des projets de société. Même si les observateurs attentifs de la vie politique savent que c’est le FPI qui constitue le précurseur en la matière sur l’échiquier politique ivoirien. C’est, effet avec le FPI que les Ivoiriens ont réellement entendu parler en 1990, d’un projet de société et d’un programme de gouvernement. Durant ses six ans de présence à la tête de l’Etat ivoirien (1993-1999), Bédié a parlé de «l’Eléphant d’Afrique ». Perçu par ses partisans comme un programme de gouvernement ou un projet de société, c’est selon. En octobre dernier, au cours de son investiture comme candidat du RDR à la présidentielle, Ouattara a présenté son programme de gouvernement. Certaines personnes l’ont qualifié de pâle copie de celui du FPI. Est-ce vrai ? Quelle est la différence entre le programme de gouvernement de Gbagbo et celui de Ouattara ? Entre le programme de Ouattara et de Bédié ? Ou celui de Gbagbo et de Bédié ? C’est à toutes ces questions que le débat télévisé répondra en direct.
Ce débat éclairera également la lanterne des Ivoiriens sur la gestion de la Côte d’Ivoire par ces trois personnalités. Parce qu’à la vérité, ils ont tous dirigé ce pays à divers niveaux. Deux d’entre eux en tant que président de la République et chef de l’Etat. Ce sont Henri Konan Bédié (de 1993 à 1999) et Laurent Gbagbo (depuis octobre 2000). Le troisième, Alassane Dramane Ouattara, a dirigé le pays en tant que Premier ministre et véritable chef de l’Etat. Puisqu’à partir de 1991, lorsque l’état de santé du président Félix Houphouet-Boigny a commencé à se dégrader, c’est le Premier ministre Alassane Ouattara qui tenait les rênes du pouvoir. Il décidait quasiment de tout, de 1991 à 1993. De 1991 jusqu’à la mort d’Houphouet en décembre 1993, l’homme fort au sommet de l’Etat en Côte d’Ivoire était Alassane Dramane Ouattara. Il en était si conscient et y avait tellement pris goût qu’il avait tenté de tenir tête à Bédié, le dauphin constitutionnel à la mort d’Houphouet.
S’expliquer sur la crise de septembre 2002
Le face-à-face télévisé entre Gbagbo, Bédié et Ouattara permettra, par ailleurs, à la population ivoirienne de savoir la responsabilité de chacun des trois personnalités dans la crise qui a éclaté en septembre 2002 (coup d’Etat manqué mué en rébellion armée). Ils pourront s’expliquer sur les questions que les uns et les autres se posent au sujet de leur rôle dans le drame que vivent les Ivoiriens depuis 1993. La lumière pourra être faite sur le coup d’Etat de décembre 1999 et bien d’autres événements qui ont marqué la vie politique ivoirienne.
Autre préoccupation qui pourrait être abordée, celle des relations entre la Côte d’Ivoire et la France, entre la Côte d’Ivoire et le reste du monde durant les prochaines années. De quelle nature seront-elles ? Qu’est-ce qui sera privilégié ? Autant de questions qui apparaissent déterminantes et pour lesquelles Gbagbo, Bédié et Ouattara doivent indiquer aux Ivoiriens dans quel sens chacun d’eux veut conduire le bateau Ivoire. Comme l’actuel chef d’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, lui-même, l’a dit récemment : «Il y a trop de mensonges en Côte d’Ivoire».
Le débat télévisé en direct permettra aux Ivoiriens de savoir d’où viennent ces mensonges.
Par Didier Depry
22:36 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, débat présidentiel, face a face, gbagbo, bédié, wodié, ouattara
22.10.2008
Les années de Bédié au pouvoir, un vrai cauchemar !
Henri Konan Bédié, 74 ans, souhaite à nouveau, gouverner la Côte d`Ivoire après son passage à la tête de l`Etat de 1993 à 1999. A la chute de son régime par un putsch militaire le 24 décembre 1999, le pays était au bord de l`asphyxie économique et financière. Les dettes intérieures cumulaient à plusieurs centaines de milliards. Les relations avec les bailleurs de fonds étaient rompues. Ce fut un drame national, seulement quatre ans après la dévaluation du franc CFA et les pluies de milliards qui en ont résulté. Aujourd`hui, il semble avoir tout oublié. Simple rappel pour les électeurs et les observateurs nationaux et étrangers. Il y a presqu`une décennie, Henri Konan Bédié était aux affaires. Les temps ont changé, mais, sa méthode de gestion et celle du Pdci, elles, restent inchangées. C`est le président de la jeunesse de ce parti, Kouakou Konan Bertin qui le dit, lorsqu`il affirmait récemment dans un journal de la place que “le programme de gouvernement du Pdci porte toujours sur les douze travaux de l`Eléphant d`Afrique”. Ce vaste chantier avait effectivement démarré. Pour mémoire, quelques jours après le coup d`Etat, l`ex-chef de la junte militaire, feu le général Robert Guéi, s`était rendu sur un des grands chantiers, notamment le domaine privé de Bédié à Daoukro évalué à 4,5 milliards de FCFA dont 1,5 milliard déjà englouti. (Voir encadré 1). De toute évidence, sous l`ère Bédié, le pays ne rassure pas ses partenaires extérieurs (FMI, Banque mondiale, Union européenne, BAD, les partenaires bilatéraux). Car, au fond, la question est plus affligeante que les populations ne le savent.
Pluie de milliards
Dès 1994, les prêts des bailleurs de fonds atteignent la coquette somme de 556 milliards de F CFA, consécutivement à la dévaluation du franc CFA. Sur la période 1994-1997, le régime de Bédié reçoit au total plus de 1 368 milliards de FCFA. Ajouter à cette somme colossale 1 063 milliards de gains engrangés grâce aux rééchelonnements obtenus devant le Club de Paris sur quatre ans. Le gâteau s`agrandit et devient plus appetissant. Le régime de Bédié gagne un flux total de 2 431 milliards. De mémoire des financiers, c`est une première dans la zone franc.
Bédié, sa famille et le Pdci se frottent les mains (voir encadré n° 2). Car, indépendamment de cette générosité des partenaires, les exportations ivoiriennes progressent avec des cours orientés à la hausse. Aussi, les investissements privés reprennent. La consommation et la croissance augmentent considérablement. Hélas ! Bédié et les barons du pouvoir Pdci perdent les pédales face aux énormes ressources financières cumulées entre leurs mains en si peu de temps. Pouvait-il en être autrement au regard du piètre passé du porte-flambeau du plus vieux parti ivoirien. Flash-back sur les traces d`un “has been”, dépassé par les réalités des temps modernes ! A moins de 30 ans, Henri Konan Bédié est nommé, par Houphouët, Ambassadeur de Côte d`Ivoire aux Etats-Unis. Houphouët le nomme plus tard, en 1966, ministre de l`Economie et des Finances. Bédié avait à peine 32 ans. Il conservera ce poste de 1966 à 1977, soit 11 ans durant. Peu expérimenté, novice en gestion des affaires de l`Etat, le protégé de Houphouët va marquer son passage au ministère ivoirien de l`Economie et des Finances par un véritable scandale financier. C`est l`affaire des “complexes sucriers”, révélée par la presse. Le “surfactureur d`usines”, l`appelle-t-on ainsi. Mais, il bénéficie d`une grâce exceptionnelle du Président Houphouët qui le retire momentanément des affaires de l`Etat. Trois ans durant, il va exercer à la Banque mondiale. Un refuge presque doré pour quelqu`un qui est passible de poursuite judiciaire, dans un Etat de droit. Henri Konan Bédié regagne la Côte d`Ivoire en 1980. Il est élu député sous la bannière du parti unique, le PDCI-RDA, par la seule volonté du Président Houphouët-Boigny. De là, viendra l`ascension de l`homme novice. Il ignore totalement les rouages pratiques de la gestion des affaires de l`Etat. Il est propulsé président de l`Assemblée Nationale en remplacement de Philippe Yacé. Et devient du coup, le dauphin constitutionnel. Dès le 7 décembre 1993, à la mort de Houphouët, il s`autoproclame Président de Côte d`Ivoire en vertu de l`article 11 de l’ex-constitution. Nourri au biberon politique, Bédié n`a jamais pu être un bon économiste ni un bon gouvernant. Né le 5 mai 1934 à Pèpressou, un quartier de Diadékro, village situé à deux kilomètres de Daoukro, à 300 km au nord d`Abidjan, Henri Konan Bédié marié à Henriette Koizan Bomo (encadré n°3) “tue” l`Etat ivoirien par sa gestion douteuse et des plus scabreuses.
Gaspillage des ressources
Malgré les pluies de milliards, les relations avec les partenaires de la Côte d`Ivoire commencent à se raidir dès le début 1997 avec le FMI. Le renouvellement du programme d`ajustement, venu à expiration en mars 1997, est bloqué. Le Fonds est en total désaccord avec les “bédéistes” à cause des “dérapages des finances publiques”. Le régime Pdci réussit l`exploit en obligeant les bailleurs de fonds à rompre les relations sur des questions de gestion. Il y a eu des dérapages au niveau des finances publiques. Ceux-ci se caractérisent par la mauvaise performance au niveau des recettes fiscales. Au total, on dénombre des centaines de milliards de moins values. Il y a également des dérapages au niveau des dépenses tout comme l`on a déploré les fameux DENO (dépenses engagées non ordonnancées). Fin 2006, le FMI dénonçait déjà près de 134 milliards de FCFA de DENO. De 1998 à 2000, les dépenses de ce type étaient successivement 100 milliards, 131 milliards et 121,5 milliards. Et ce n`est pas tout. Les passifs audités cumulent à 89 milliards en 2000. La gabegie est d`autant plus criante qu`il y a problème au niveau des ressources et un dérapage au niveau des dépenses. C`est la mal gouvernance.
Dans un tel climat délétère et de méfiance à l`intérieur comme à l`extérieur de la Côte d`Ivoire, Bédié et le PDCI font face à une équation difficile, à savoir que les recettes sont inférieures aux prévisions, et les dépenses publiques sont en forte hausse. Le régime Bédié reste sourd aux appels à la normalisation et aux cris de détresse des travailleurs. Au début de l`année 1998, le FMI émet de sérieuses réserves sur la gestion des finances publiques et considère que les conditions ne sont pas réunies pour la poursuite du programme d`ajustement en cours. Une critique en règle est dirigée alors contre la Côte d`Ivoire et aboutit à la rupture totale des relations avec les institutions financières internationales. Le régime dilapide ainsi l`héritage. De réels problèmes de gouvernance se posent. Les scandales financiers fusent de toutes parts. Ce sont, entre autres, l`affaire des 18 milliards de l`Union européenne détournés alors qu`ils étaient destinés à soutenir le système sanitaire ivoirien, et cette autre affaire Roger Nasra qui “a soustrait 4 milliards de FCFA du trésor public par un système de fausses déclarations de TVA”, (confère Notre Voie du 27 mars 2008) des caisses de l`Etat. Derrière ce crime médiatisé, il y en a qui sont très peu connus du grand public. C`est le cas des exportateurs dits défaillants. Ils se comptent dans l`establishment du pouvoir et devaient 45 milliards à la Caisse de stabilisation et de soutien des prix aux producteurs agricoles. Que dire également de cette honteuse affaire des créances compromises ! Le montant au préjudice de l`Etat s`élève à 63,9 milliards de Fcfa à fin 1999. L`affaire concerne au total 23 dossiers de groupes d`exportateurs défaillants vis-à-vis du secteur bancaire. En définitive, la veille du coup d`Etat qui a mis fin au régime de Bédié, la situation économique était désastreuse du fait de sa gestion chaotique. L`Administration économique et financière se trouvait dans un état démoralisé, et les services publics dans la tristesse et l`angoisse totale. Le secteur privé asséché
Au niveau des entreprises, les arriérés intérieurs gonflent et provoquent de vives tensions sur la trésorerie du secteur privé appelé pourtant à être le fer de lance de la consolidation de la croissance et de la création d`emplois. Point d`éclairci dans le secteur électrique. Après sa privatisation dans les années 1990-1991, les évolutions auraient conduit à un déficit de 50 milliards de FCFA en 2001. Cela est du au manque d`investissement dans ce secteur, à la hausse du dollar et des cours du baril, à la dévaluation du Fcfa. Assombri, l`est aussi le secteur des hydrocarbures. Un déficit de 40 milliards de Fcfa à fin 2000. Le sinistre n`épargne aucun secteur, pas même la filière café-cacao, la principale ressource de l`Etat. Qu`a fait Bédié du secteur ? Sous la pression des bailleurs de fonds, il procède à la libéralisation totale des filières café en 1998 et cacao en 1999. Il supprime la Caisse qui stabilisait et soutenait les prix de ces produits agricoles et crée en lieu et place la Nouvelle Caistab. Pressé par les mêmes partenaires, il engage la liquidation de la Nouvelle Caistab. Et c`est cette structure en liquidation qui gère la filière. Improvisation ! Absence de stratégie ! Impuissance ! Tel est l`état d`esprit de ceux qui dirigeaient la Côte d`Ivoire avec Bédié. Conséquence, les producteurs sont lâchés face aux puissances financières de la filière. Le prix au producteur passe de 508 FCfa/kg en 1998 à 300 FCFA/kg de cacao en 1999. Ce prix n`est pas garanti. Les produits sont invendus. Des paysans ont été obligés de détruire leurs récoltes. Pendant ce temps, la Caisse autonome d`Amortissement (CAA) se trouvait, elle aussi, dans un état de délabrement total : environ 196 milliards de Fcfa de créances sur l`Etat. Elle a été restructurée et transformée en Banque nationale d`Investissement (BNI). En mars 2000, faisant le point de la situation économique des six dernières années d`exercice de Bédié, le professeur Mamadou Koulibaly, alors ministre du Budget du gouvernement de transition, faisait observer que l`année 1999 s`était achevée sur un déficit d`environ 197 milliards de francs CFA, soit 3% du PIB, deux fois plus que l`objectif recherché. En quelques mots, il dépeint la gestion de Bédié et du Pdci : “les gains post-dévaluation ont été gaspillés en détournements et vols au détriment des finances publiques. On parle aujourd`hui, de 197 milliards de francs CFA mais, si l`on cumule, il s`agit en réalité de plus de 500 milliards. C`est simplement, la volonté expresse de s`enrichir, le désir de s`approprier ce qui appartient à l`État. C`est la mise en place systématique d`une mafia locale chargée de prendre ce qui appartient à l`État. C`est de la kleptocratie. Il existait un clan Bédié, comme existaient un clan Mobutu, un clan Suharto…”. L`houphouétisme, on n`en parlait plus. C`était banni du langage politique au profit du bédiéisme (voir encadrés 4 et 5).
Par Akwa Bahi Jean-Christophe
16:32 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, bédié, pouvoir, faste, regime
10.10.2008
Bédié prépare un coup d'Etat
Des jours sombres s’annoncent sur la Côte d’Ivoire. Dans l’ombre, les putschistes s’attèlent aux derniers réglages avant le lancement de leur vaste opération de déstabilisation. Révélations. Les armes vont-elles à nouveau crépiter en Côte d’Ivoire ? Si on en croit des sources proches des grandes oreilles de la République, l’éventualité est plus que probable, car, indiquent-elles, les déstabilisateurs du régime Gbagbo n’entendent pas lâcher prise. Ils sont actuellement à pied d’œuvre pour porter l’estocade au locataire de la Présidence et partant, à l’application de l’accord politique de Ouagadougou. Ils reviennent à la charge après avoir momentanément pris du recul, suite à la découverte de leur projet prévu initialement pour se tenir le 12 septembre dernier. En effet, nos sources au cœur de cet énième coup tordu contre la République, rapportent que les hommes qui travaillent au retour de Bédié, au pouvoir, n’ont pas chômé ces derniers jours. C’est ainsi qu’il y a une semaine, ils se sont rencontrés à Prikro et non à Daoukro, comme ils avaient pris l’habitude de le faire. Le changement de lieu s’explique, dit-on, par le souci de brouiller au maximum, les pistes, surtout après la mutinerie survenue les 24 et 25 septembre 2008 dans cette localité. A cette séance de travail, on notait la présence de deux anciens ministres du régime Bédié, d’un commissaire de police en poste à l’inspection générale des services de police, du colonel N’zio, un mercenaire Ghanéen, du colonel Lebahi, un mercenaire libérien qui, précise notre informateur, supplée, depuis peu, l’absence du colonel Gaoudi Oulatta, toujours acteur, mais désormais en retrait, après avoir été découvert. Deux officiers supérieurs des Fds et trois autres de la force Licorne, dont les noms sont volontairement tenus au secret pour nécessité d’enquête, bouclent la liste de présence. De la rencontre, il ressort qu’à partir du 20 octobre prochain, toute la Côte d’Ivoire sera paralysée, avec des troubles qui vont simultanément éclater en plusieurs endroits du territoire. Ceux-ci partiront de l’Ouest. La chienlit sera l’œuvre de combattants recrutés au Libéria, au Burkina Faso, en Sierra-Léone et au Mali. Ces derniers, qui, selon nos sources, sont déjà présents en terre ivoirienne, prendront le soin de se vêtir en tenues militaires pour semer la confusion au sein des forces régulières et agir par surprise. Et pendant que le président Laurent Gbagbo cherchera à éteindre le feu ainsi allumé aux quatre coins du pays, en dégarnissant nécessairement les forces basées à Abidjan, les putschistes profiteront pour frapper la capitale économique. Dans cette entreprise, ils comptent sur des éléments des Fds qu’ils disent nombreux à avoir rallié leur cause, à coups de billets de banque. Sur la question, notre informateur indique que les hommes de Henri Konan Bédié, se sont voulu rassurants en soutenant que, pour tout ce que l’ancien chef de l’Etat aurait fait pour « son fils Mangou », ce dernier, ne peut pas se mettre au travers de leur chemin, pour défendre Laurent Gbagbo. Sûrs de leur fait, les putschistes ont même annoncé la date du 26 octobre comme la fin de règne de l’actuel chef de l’Etat et la prise de pouvoir de Bédié. La date choisie, loin d’être hasardeuse, est plutôt symbolique et rappelle un certain 26 octobre 2000, jour de la prestation de serment du président Laurent Gbagbo. Prolixes, les hommes du « sphinx » de Daoukro, ont aussi soutenu avoir des armes bien planquées dans des cachettes, à Abobo-Kennedy, à Yopougon et à Abobo-Gagnoa gare. Aussi, selon des informations en notre possession, en cas de réussite de l’opération, Charles Konan Banny est pressenti pour occuper la Primature quand le colonel Jules Yao Yao lui est annoncé à la tête des armées. A tous les participants de la rencontre de Prikro, il a été recommandé la plus grande discrétion autour du projet, le mentor n’ayant, dit-on, pas encore digéré les fuites qui ont atterri début septembre, dans les colonnes de « Le Matin d’Abidjan ». Et cela, après les avoir assuré du soutien de la France au projet. Vrai ou faux, une chose est certaine, Paris est au moins, dans le secret des dieux. En témoigne un fax en provenance du siège de Paris que nous avons intercepté et annonçant une modification de ses horaires sur Abidjan, le 25 octobre 2008, pour
«respect de couvre feu suite au changement de saison et passage horaire hiver». En clair, la France annonce que le vol AF 703/25 oct 08 Abj 252240 CDG 206500 QQQCDG 98/2C
se fera dans les conditions particulières. Parce que ce jour-là, il y aura un couvre-feu dans la capitale économique ivoirienne. Notons que la compagnie française n’est pas à son premier coup de ce genre. En Décembre 1999, dans la fièvre du coup d’Etat, elle avait pondu un communiqué annonçant que Alassane Dramane Ouattara , arrivait à Abidjan, à bord d’un de ses vols pour venir y exercer le pouvoir d’Etat. De là à penser que, dans la foulée de la cérémonie de remise du prix FHB de la paix de l’Unesco, Henri Konan Bédié a mis, avec ses réseaux français, la dernière main à la pâte de son putsch, il y a un pas que des observateurs ont vite fait de franchir. Pour sa part, le leader du Rdr séjourne depuis quelques jours aux Etats-Unis. Les deux ténors du Rhdp seront-ils de retour à temps pour vivre la période du couvre-feu avec leurs compatriotes ? Ou au contraire, se mettront-ils soigneusement à l’abri, attendant de voir un peu plus clair avant de revenir sur les bords de la lagune Ebrié ? Wait and see. La République est avertie.
Par Safiatou Ouattara
16:19 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, coup d'etat, air france, gbagbo, bédié, ivoirenews
28.09.2008
Election CI : Pas de débat présidentiel ?
La date du premier tour de l'élection présidentiel est fixée au 30 novembre. La question est de savoir s'il y aura un débat entre adversaires ou même un face à face à l'entre deux tours. Nombreux sont les ivoiriens qui aimeraient voire Gbagbo, Bédié et Ouattara sur le même plateau confrontant leur idée, comme on le voit d'en d'autres pays démocratiques tels que la France, l'Italie ou même les Etats-Unis ou 3 face à face ont été fixés entre Mc Cain et Obama à la télévision et radio cette année.

En France depuis le siècle derniers, les adversaires se sont toujours livrés a un débat acharné confrontant les idées et les programmes à la télévision et à la radio, suivit par de millions de Français, ainsi on a assisté au débat Giscard-Mittérand (1974 et 1981) ; Mittérand-Chirac (1988) ; Chirac-Jospin (1995) et Royal-Sarkozy (2007).
Le débat en général est une discussion (constructive) sur un sujet, précis ou de fond, annoncé à l'avance, à laquelle prennent part des individus ayant des avis, idées, réflexions ou opinions divergentes pour le sujet considéré. Un débat peut s'exprimer sous diverses formes, la plus courante étant la réunion en un même endroit des personnes physiques mais il existe des autres débats. Le débat présidentiel est un rituel immuable auxquels se livrent, à chaque élection présidentielle pendant l'entre deux tour, les deux candidats à la présidence, duellistes, restant après le vote du premier tour. Pendant un débat, les adversaires critiquent ouvertement l'adversaire, annoncent et défendent leur programme. Il permet de voir la personnalité de chacun, la capacité d'argumentation et les idées implacables de chacun sous la houlette de questions de journalistes qui guident le debat.
Dans le cas des débats présidentiels, il y'a un ou deux arbitres qui sont des journalistes neutres, qui posent des questons cruciales, qui pourraient dans le cas ivoirien être : "Quelles sont vos propositions pour réduire l'insécurité à Abidjan" ou "Quel sera votre politique d'immigration".
Les populations aimeraient voire un débat radiotélévisée, en Côte d'Ivoire entre les opposants politiques, le débat est par ailleurs souvent signe de démocratie. Mais pourquoi la RTI n'en propose pas ?
Voici un aperu de débat, dans cette vidéo Ségolène Royal se met en colère contre Sarkozy (en 2007), un des tournants de l'élection présidentielle 2007 en France :
Par Akwa Bahi Jean-Christophe
22:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, débat présidentiel, gbagbo, ouattara, bédié, obama, mccain
13.09.2008
Dès aujourd'hui le spot vidéo des elections CI 2008 disponible sur le net !
Le Spot tv des élections présidentielles ivoiriennes 2008 d'environ 2 minutes sera disponible entre le 12 et 13 septembre 2008 sur internet. C'est un spot vidéo bien réalisé (musique suspense, mixage de meeting de politiciens, image culte et top,...). Akwa Bahi se chargera de vous le rapporter sur Ivoirenews.
19:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, bédié, ouattara, gbagbo, elections, afrique, fauteuil
22.06.2008
Nostalgie : Bédié écarte Ouattara en 1993
Vidéo : Côte d'Ivoire, 24 heures après l'annonce du décès du président Félix Houphouët-Boigny, le président de l'assemblée nationale, Henri Konan Bédié s'est auto-proclamé président de la république avec le soutient de la France. Le premier ministre, Alassane Ouattara, son rival et candidat à la succession a refusé de déposer les armes.
21:30 Publié dans Souvenirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Côte d'Ivoire, Bédié, Ouattara, Boigny, Afrique, coup d'Etat, africa

