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11.11.2008

Blé Goudé par-ci, Blé Goudé par là : où va la Côte d’Ivoire ?


Blé Goudé Charles, c’est l’ancien leader étudiant qui a succédé à l’actuel premier ministre Guillaume Soro au poste de secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) en 1998. Mais avant l’accession du Front populaire ivoirien (FPI) au pouvoir en octobre 2000 avec Laurent Gbagbo, il semble déjà que l’homme s’était mis au service de ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir en Côte d’Ivoire. Accusé d’avoir acheté une licence d’Anglais à l’Université de Côte d’Ivoire, Blé Goudé décide de rejoindre l’Angleterre en 2001, pour de hautes études. Mais en septembre 2002, lorsque la crise ivoirienne déclenche, le « jeune vieux » retrouve les bords de la lagune Ebrié avec fracas. Il prétend créer un front de la résistance avec ses camarades et se font abusivement appeler « les jeunes patriotes ». Il met en place donc « l’alliance des jeunes patriotes » et devient qu’on le veuille ou pas, le leader de cette façon de penser, propre à ces jeunes gens proches de Laurent Gbagbo. Ils estiment en effet, que la France, le Burkina Faso de Blaise Compaoré, Alassane Dramane Ouattara, le leader du RDR et ses parents nordistes, veulent leur arracher leur beau pays ( ?), la Côte d’Ivoire. Ce qui pouvait donc valoir des actes de barbarie contre tout ce qui sonnait burkinabé, et même nordiste. L’incendie du quartier précaire situé entre le camp de gendarmerie d’Agban et Cocody les 2 plateaux, le jour de l’attaque d’Abidjan par l’ex-rébellion, le 19 septembre 2002, est la conséquence de la haine que les uns et les autres ont semé durant quelques années. Il est vrai que Blé Goudé n’était pas encore rentré d’Angleterre pour sonner la résistance ( ?), mais les graves dérives dans la zone sous contrôle gouvernemental étaient le fruit d’une longue campagne de haine. Qui s’est poursuivie à partir du 6 novembre 2004 contre les ressortissants français en Côte d’Ivoire. Cette nuit là, Blé Goudé avait appelé des Ivoiriens à cesser de manger, de dormir, de boire…, pour aller défendre la République qui se mourait par la faute selon lui, de la France qui, en représailles à neuf de ses soldats et plusieurs autres blessés par un raid de l’armée ivoirienne sur les positions de l’ex-rébellion, avait détruit les aéronefs ivoiriens. Des destructions de biens, à des atteintes physiques contre les Français, tout y est passé.

Passé le temps des empoignades, Blé Goudé s’est mis dans la peau d’un constructeur de développement et de faiseur de paix, avec des projets de développement qu’il propose à de jeunes Ivoiriens. Mais sans être dupes, tous savent que le chef d’entreprise, -il est patron d’une structure de Communication dénommée Leader Team- n’en fait qu’une couverture. Car, venu le temps des pré-campagnes, Blé Goudé ressort la tête. Pas pour faire la peau à qui que ce soit maintenant. Fort heureusement ! Mais pour remettre la question « Laurent Gbagbo » au centre des préoccupations. Prenant prétexte des opérations couplées d’identification et d’enrôlement en cours dans le pays, le « jeune vieux » en profite pour faire l’apologie de Gbagbo, mais surtout pour tirer à boulets rouges sur les adversaires du chef de l’Etat. Dans des meetings qu’il organise ici et là, il « allume » Henri Konan Bédié du PDCI, minimise Alassane Ouattara du RDR, et feint d’ignorer Mabri Toikeusse de l’UDPCI.

L’incompréhensible mission de la RTI

Le comble dans tout cela, c’est que l’homme est admis sur les antennes de la Radiodiffusion télévision ivoirienne pour parler d’identification et d’enrôlement, on ne sait à quel titre. Car, pour ce qu’on sait, Blé Goudé n’est pas impliqué dans le processus électoral pour aller se voir consacrer plus d’une heure d’antenne à parler de ces opérations en cours. On aurait invité le premier ministre ou le président ou un vice-président de la Commission électorale indépendante (CEI) pour parler de ces opérations qu’on l’aurait accepté sans rougir. Mais la présence du leader des jeunes patriotes sur le plateau de la RTI devant quatre (4) journalistes n’avait pas sa raison d’être, même s’il est l’homme à tout faire de Laurent Gbagbo, qui du reste, est celui grâce à qui Brou Amessan est à la tête de cette prestigieuse maison, la maison commune à tous les Ivoiriens. Mais pourquoi les jeunes des autres partis d’opposition tels que Karamoko Yayoro du RDR, Kouadio Konan Bertin dit KKB du PDCI, Yao Kouadio Séraphin de l’UDPCI, ou Siméon Kpanhi du MFA, n’iraient pas s’adresser aux jeunes Ivoiriens comme on le permet à Blé Goudé ? Avec les quatre cités plus haut, auxquels on peut ajouter Konaté Navigué de la jeunesse du FPI, personne ne trouverait à redire. Mais en Côte d’Ivoire, dites-nous ce que représente l’alliance des jeunes patriotes comme une structure digne de confiance ? Qu’apporte t-elle de positif à la Côte d’Ivoire de si important pour bénéficier d’autant d’attention ? Mais on comprend. Blé mérite attention sur les médias d’Etat, parce qu’il est au service de Gbagbo. Celui qui, semble t-il, entre au palais présidentiel et à la résidence du chef de l’Etat comme dans sa propre maison, c’est-à-dire sans rendez-vous pris, est en mission pour le candidat du FPI à la prochaine présidentielle. Comment Brou Amessan, le DG de la RTI, et Jean Baptiste Akrou, le DG de Fraternité Matin, à ces postes par la volonté de Gbagbo, peuvent-ils oser refuser l’antenne ou deux premières pages de Frat-Mat à « l’incontournable » Blé Goudé ? Il est clair que le chef des éditions des journaux télévisés de la Première chaîne de la télévision nationale, Mme Habiba Dembélé Sahouet, très professionnelle sur les bords, était très gênée, lorsqu’elle enregistrait cette émission d’échanges sur l’identification et l’enrôlement des électeurs, entre le leader patriotique et des journalistes ; laquelle émission a été diffusée le mercredi 29 octobre dernier, sur les antennes. Mais que peut-elle devant la décision de la hiérarchie ? Car, au-delà de toutes considérations, la présence de l’invité du jour ne s’expliquait pas, surtout pour le thème à débattre. Mais encore une fois, cela s’appelle « donner dans le laxisme ». Et ce que vit en ce moment la Côte d’Ivoire n’est pas loin de faire d’elle une « République bananière », où il suffit d’être le « chouchou » de la famille présidentielle pour venir, comme un président d’Institution, dire ce qu’on veut sur les antennes nationales. Ce qui est très grave pour un pays aussi respectable que notre chère patrie. C’est à croire que le défenseur de la République ( ?) est devenue un chef d’Institution. Merci messieurs de nous faire souffrir dans notre chair. Nous qui aimons que les choses soient jugées à leurs justes valeurs. Merci de nous faire ça.

Par Denis Zobo

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