12.03.2010
Akwa Bahi répond à Vénance Konan
Après avoir lu la lettre ouverte de Mamadou Koulibaly (vice-président du FPI, parti au pouvoir) à Vénance Konan (Journaliste et écrivain ivoirien) et la réponse du journaliste, en toute impartialité, j'ai trouvé les écrits de Konan médiocres auxquelles ils manquaient une démarche scientifique permettant de refuter les dires de l'homme de Gauche.
Breve analyse :
1 - Il est trop facile de dire n'importe quoi et camoufler cela en disant que c'est une "erreur du passé". Comment lire quelqu'un qui écrit tout et son contraire. Ce qu'il écrit aujourd'hui en 2010, sera une érreur du passé demain en 2011.
2 - En plus de ne s'attaquer qu'au FPI sans chercher à nous éclairer sur les tares du Politicien, les propos de Venance sont parfois douteux : Le FPI cherche à "exclure" les gens du nord alors que les faits sont là et approuver par Beugré Mambé (ex Pr de la CEI) après une enquête menée par le procureur adjoint qui porte un le de Diakité. Sur quoi sont fondés les propos de Vénance Konan ?
3 - Les écrits de Venance manquent de pertinences. Alors que ceux de Koulibaly découlent d'une analyse arithmético-numérique, dont la logique montre la véracité des propos (par ailleurs difficilement refutés par Venance du fait de l'implacabilité des dires de l'homme politique : les faits sont là !).
4 - Concernant la forme et le style, Venance est gagnant car les écrits de la lettre de Koulibaly sont trop répétitifs, quoique.
A voir cette brève analyse, on se rend compte d'un vrai problème aujourd'hui. L'engagement politique partisane de nos intéllectuels enferme leur réflexion dans des "logiques illogiques". Comme l'affirmait le comédien satirique Gbi de fer dans une critique, nos intellectuels ont ratés leur mission. Leur réflexion devait servir de base et de laboratoire où nos politiciens devaient puiser pour gouverner le pays. Au lieu de cela, nos intellectuels, comme l'écrivain Konan (proche du RHDP) vont servir des partis politiques et non leur nation comme leur confrères en Occident (Les philosophes politiques tels que Rousseau ou encore Machiavel analysaient et conceptualisaient des modèles idéals et points de repères pour leur société où chaque parti politique peut s'inspirer pour gouverner leur pays en intégrant des concepts dans leur action). Au lieu de cela, deux siècles plus tard, nous accusons toujours un retard, rare sont les intellectuels ivoiriens reconnus qui crées des concepts de base pour tous partis et tous ivoiriens (on distingue le Pr Moustapha Diabaté, créateur de l'indicamétrie). Comme l'affirme le Philosophe Paul Zahiri, ceux qui triomphent dans la société ivoirienne aujourd'hui sont ceux qui fabriquent des "prêts à penser", "des pensés strictement journalistiques et non littéraires" pour endoctriner les ivoiriens dans des reflexions militantes et non citoyennes, tout comme Vénance Konan plusieurs fois récompensé par le prestigieux prix Ebony, propulsé sur le devant de la scène par un best-seller et qui revient aujourd'hui avec ses "Nègreries".
Lettre ouverte d'Akwa Bahi Jean-Christophe à Venance Konan.
01:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : venance konan mamadou koulibaly kouamouo ivoirenews akwa bahi ré
04.03.2010
Un salaire révoltant pour Guus Hiddink
C’est le cas de le dire. La Fédération ivoirienne de football (FIF) a décidé de verser dans la démesure. L’instance dirigée par Jacques Anouma s’apprête à verser la somme totale de 500 millions de F CFA à Guus Hiddink pour les trois mois que le mercenaire batave devrait passer à la tête des Eléphants.
C’est peut-être l’accord du siècle. Pour Guus Hiddink, il n’y a pas de doute, c’est le jackpot. Pour les trois mois que le technicien néerlandais devrait passer sur le banc de la sélection ivoirienne, c’est la rondelette somme de 500 millions de F CFA (soit 1 million $, largement plus que Domenech) que va percevoir de la part de la Fédération ivoirienne de football. Une fortune pour un pays sous-developpé qu’est la Côte d’Ivoire.
Après avoir chassé Vahid Halilhodzic avec lequel elle était sous contrat jusqu’en juillet (qui gagnait 30 millions de FCFA par mois et gagnera 150 millions de FCFA pour rupture de contrat), la FIF peine à dégoter un technicien de renom pour son équipe nationale. Tous les noms (Eric Gerets, Luis Fernandez…) qu’elle avait coché sur sa short-list, ont refusé de mordre à l’appât. Du coup, les dirigeants ivoiriens se tournent vers Guus Hiddink qui a récemment signé un contrat de deux ans avec la Turquie. L’actuel sélectionneur de la Russie qui avait été contacté par la FIF pour succéder à Vahid Halilhodzic, avait décliné l’offre ivoirienne.
La folie des grandeurs de la FIF
Aujourd’hui, il a proposé une pige de trois mois, le temps de conduire les Eléphants au Mondial sud-africain. Et cette pige coûte excessivement chère : 500 millions de F CFA. Ce qui intrigue dans cette histoire, c’est la mission que Hiddink compte accomplir avec de tels émoluments.
Est-ce à dire qu’il va permettre à la Côte d’Ivoire de remporter la Coupe du monde ? En foi de quoi devrait-on lui accorder une telle fortune ? Même si les qualités de technicien du mercenaire hollandais ne sont pas à discuter, on le voit mal faire des miracles avec cette équipe des Eléphants contre le Portugal et le Bresil. Alors, la FIF a-tellement assez d’argent qu’elle a décidé d’en jeter « un peu » par la fenêtre, alors que le pays est déficitaire en infrastructures footballistiques ! les sociétaires de clubs ivoiriens ne touhent même pas plus de 100 000 f CFA par mois. Pourquoi ne pas faire confiance au local Kouadio Georges pour mener cette tâche comme en 1992 avec Yéo Martial ?
Les gens meurent de faim au pays, pardonnez gerez les jetons !
Par Akwa Bahi JC
19:21 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guus hiddink cote d'ivoire kouadio georges entraineur drogba côt
03.03.2010
Le delestage tue la Côte d'Ivoire !
Le tout nouveau ministre de l’Energie et des mines, Augustin Komoé a du pain sur la planche. Il a beau crier que la Côte d’ivoire ne mérite pas ça, on attend de lui des solutions durables.
Conséquences de la crise énergétique ivoirienne
* Une économie qui se meure !
" La Côte d`Ivoire prévoit d`importer 25 Méga watts d`électricité d`ici fin février. Mieux, nous comptons aller, selon les promesses faites par un pays frère (Ndlr, le Ghana), jusqu`à 50 Méga watts en mars et 80 en avril 2010 ", dixit M. Kouassi Mathias, secrétaire général de la Compagnie ivoirienne d`électricité (Cie) pour rassurer la population qui éprouve des difficultés de tous ordres liées au délestage. Qui de la Cie (concessionnaire de la distribution d`électricité en Côte d`Ivoire) et de l`Etat est responsable de cette situation désastreuse pour les populations et les entreprises ivoiriennes. D`une part, il est évoqué le manque de réalisation d`ouvrages pour prévenir la situation et d`autre part le manque d`entretien de l`existant. A cela s`ajoute une turbine de la Centrale thermique d`Azito (distributeur privé d`électricité) qui serait tombée en panne selon une source officielle. Toujours est-il que les responsabilités sont partagées entre le concessionnaire et l`Etat. Depuis le 1er février 2010, les populations abidjanaises et celles des villes de l`intérieur de la Côte d`Ivoire vivent au rythme du délestage. Ce qui perturbe le bon fonctionnement de nombreuses activités économiques. Une situation aggravée par le non respect du programme de rationnement de l`électricité et qui a pour conséquence le ralentissement des activités tant chez les gros industriels que chez les Petites et moyennes entreprises (Pme / Pmi) y compris le secteur informel. Et pourtant, la Cie avait rassuré les populations et les opérateurs économiques sur le respect du calendrier de l`approvisionnement en électricité. Les coupures intempestives d`électricité engendrent des préjudices énormes aux opérateurs. Préjudices qui ont pour nom : manque à gagner consécutif à l`arrêt des outils de production. Parce que nombre des entreprises ne fonctionnent que lorsque la fourniture d`électricité est assurée. Disposant de peu de ressources, les entreprises qui sont pour la plupart des Pme / Pmi, ne peuvent s`offrir de Groupe électrogène. Même s`il arrive de s`offrir un Groupe électrogène, outre leur coût élevé, des dépenses supplémentaires et imprévues les marges bénéficiaires ne feront que baisser, car l`entreprise doit acheter du carburant pour faire fonctionner son Groupe électrogène. Aussi, selon des spécialistes, le coût au Kwh d`un Groupe électrogène serait-il deux fois plus élevé que celui de l`électricité. Ce qui pose donc le problème de rentabilité de l`utilisation du Groupe électrogène. Une situation qui n`est pas faite pour arranger les employeurs, certains sont contraints de réduire leur production, allant jusqu`à mettre en chômage technique une partie de leur personnel. Les utilisateurs de la chaîne de froid ne sont pas en reste des effets pervers des coupures intempestives de l`électricité. Notamment les hôpitaux, les pharmacies, les professionnels de produits laitiers et de la charcuterie qui subissent des avaries. La survie des entreprises étant en danger, l`effort conjugué de l`Etat, la Cie et les deux producteurs privés de l`électricité que sont la Centrale thermique d`Azito et la Ciprel (Compagnie ivoirienne de production d`électricité), sera judicieux pour palier le déficit d`électricité si précieux pour le recollage de l`économie ivoirienne durement affaiblie par huit années de crise. A savoir, mettre l`accent sur les barrages de Taabo, de Buyo, de Koossou, d`Ayamé 1 et 2, et les fournisseurs privés d`électricité que sont les Centrales d`Azito pour 296 Méga Watts et de la Ciprel pour 210 Méga Watts. En attendant les projets de l`extension de la Centrale Ciprel avec une puissance de 110 Mega Watts, la turbine à vapeur de la Centrale thermique d`Azito avec une puissance de 150 Méga Watts, l`aménagement hydroélectrique du barrage de Soubré avec une puissance de 270 Méga Watts.
* Perte de marchés régionaux et pertes de confiances en la Côte d'ivoire
La Côte d’Ivoire est dans le noir. Le pays qui devait sauver le Burkina d’une pénurie d’électricité devenue récurrente ces dernières années n’a plus suffisamment de jus pour lui-même, à plus forte raison pour son voisin. On comprend donc le silence radio de Salif Kaboré, le directeur général de la Sonabel (Société nationale burkinabè d’électricité) qui s’était lancé dans un vaste programme salutaire d’interconnexion avec la Côte d’Ivoire. Au moment où il achève cet ambitieux projet pour son pays, Abidjan joue aux abonnés absents.
L’Elephant d’Afrique a dormi sur son potentiel qui lui a permis de soutenir son industrialisation avec de l’énergie pas trop chère. Mais voilà, depuis fin 2009, la locomotive de la sous-région toussote et si elle s’enrhume, c’est toute l’activité économique qui sera touchée. Tous les efforts du clan Gbagbo pour rester au pouvoir n’auront servi à rien, s’il n’a pas été capable de planifier et d’anticiper une telle situation. A sa décharge, on peut dire qu’une avarie n’est pas toujours prévisible sur une machine. Au délestage semblent s’ajouter des coupures intempestives d’eau. De quoi mettre le moral des uns et des autres au talon.
Il est vrai que le défi énergétique se pose avec plus d’acuité en Côte d’ivoire à cause des enjeux électoraux, mais toute la sous-région y est confrontée. Les maux sont connus : vétusté du parc de production, mauvaise gestion, mauvaise planification pour adapter la production à la croissance de la demande. Dans ce contexte, la mise en œuvre des projets d’interconnexion n’a aucune chance d’aboutir, si personne ne peut garantir la continuité du service de l’électricité. La solution est sans aucun doute dans une démarche communautaire, telle que le prévoit l’UEMOA à travers son Initiative régionale pour l’énergie durable (IRED) afin de soutenir l’activité économique des Etats membres. Cette initiative vise à rendre disponible l’énergie dont les Etats ont besoin, puis à la rendre compétitive à l‘horizon 2020. Il faudra pour cela, mobiliser des centaines de milliards F CFA par an. En attendant, certains, comme Laurent Gbagbo, risquent d’en faire les frais, si les solutions urgentes ne sont pas trouvées avant les élections.
19:23 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : delestage cie crise energetique
16.02.2010
Article 48 : le RHDP en a aussi profité
L'article 48 utilisée abusivement ?
Rappelons-nous qu’en 2003, sous la pression de l’opposition, de la rébellion et la pression internationale, le président de la République a été contraint d’appliquer exceptionnellement, l’article 48 de la constitution afin de permettre à Mr Alassane Dramane Ouattara d’être candidat aux élections présidentielles, tout en sachant, qu’il ne remplissait pas toutes les conditions d’éligibilité. C’est aussi ce même article qui a permis que tout le monde puisse être candidat aux élections présidentielles chez nous. Monsieur Konan Bédié, avec son âge dépassant la limite permise et Adama Dahico n’ayant pas plus de dix ans de résidence en tant que citoyen… ont pu être candidat aux élections présidentielles. On voit qu’il y a deux poids deux mesures. Quant les décisions du président de la république relevant de l’article d’exception font l’affaire des opposants du RHDP, elles sont acceptables mais lorsque l’application de cet article ne les arrange pas, Monsieur Laurent Gbagbo devient alors un dictateur. Nous comprenons que ce n’est pas chez les responsables du RHDP qu’il faut aller chercher la bonne volonté d’aller à la paix, encore moins, l’application du code de bonne conduite.
QUAND LE PASSE DE BEDIE LE RATTRAPE
envoyé par lgconnect. - L'actualité du moment en vidéo.
Par Yro Djezion et Akwa Bahi
23:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : article 48 gouvernement cei dissout
12.02.2010
A Bouaké, les "Com-zones" règnent en seigneurs sur le nord de la Côte d`Ivoire
A Bouaké, les "Com-zones" règnent en seigneurs sur le nord de la Côte d`Ivoire
Le drapeau ivoirien flotte de nouveau sur la préfecture de Bouaké, la "capitale" rebelle située à 350 km au nord d'Abidjan. Dans la chaleur étouffante de ce début février, l'atmosphère est plombée et le bâtiment plongé dans la léthargie. "L'important c'est le symbole, de montrer que l'Etat est de retour", reconnaît Traoré Vassiriki, secrétaire général de cette préfecture fantomatique. Car trois ans après sa signature, l'accord politique de Ouagadougou (APO) qui devait réunifier la Côte d'Ivoire, coupée en deux par la rébellion née au nord en 2002, n'y est pas parvenu. D'Abidjan, le président Laurent Gbagbo ne contrôle que le sud. Au nord, les ex-rebelles des Forces nouvelles (FN) sont enracinés. Ce bicéphalisme persistant a provoqué le report - à cinq reprises déjà - de la présidentielle. Et plus personne ne croit à la tenue du scrutin en mars.
Officiellement, la "zone de confiance" qui séparait physiquement le nord et le sud a pourtant été démantelée. L'ex-chef de la rébellion, Guillaume Soro, a été nommé en 2007 premier ministre par son ancien adversaire Laurent Gbagbo. Mais dans sa préfecture de Bouaké, comme partout au nord, Traoré Vassiriki doit se contenter de "symboles". Le pouvoir réel se trouve à trois cents mètres de son parking désert, à l'Infas, un ancien centre de formation des professions de santé devenu le siège des Forces nouvelles. Allers, venues, agitation, ballet de puissants véhicules tout-terrain... Ici, on travaille.
En ce dimanche 31 janvier, les dix "Com-zones" du pays - sanglés dans leurs uniformes camouflés et repassés, coiffés d'un béret rouge, bleu, vert ou noir simulant une vraie armée - y sont réunis en conclave. Ces commandants des Forces armées des forces nouvelles (FAFN) qui menèrent la rébellion en 2002 contre le pouvoir central d'Abidjan sont avec leurs milices les véritables maîtres du terrain. Toute la partie centre nord-ouest (CNO) de Côte d'Ivoire (60 % du pays, 30 % des Ivoiriens) est sous la coupe de Cherif Ousmane dit "guépard", Ouattara Zoumana, alias Wattao et autres seigneurs de guerre. Sous-officiers bodybuildés au début de la rébellion, les dix "Com-zones" règnent aujourd'hui en maîtres, qui ne se lassent pas de piller leurs domaines. "Ils contrôlent les précieuses ressources naturelles et le commerce", dénonce le dernier rapport d'évaluation de l'ONU, remis en décembre 2009 au Conseil de sécurité.
Les experts y décrivaient notamment "une économie de type féodal" tenue par les "Com-zones". Sécurité, circulation des marchandises, coton, cacao, diamant, essence et armement, rien ne leur échappe. Pas une taxe ne rentre dans les caisses d'Abidjan. Tout comme les paris de la Loterie nouvelle de Côte d'Ivoire (Lonci), version nordiste de la Lonaci abidjanaise. "L'argent va au Burkina Faso, au Mali ou dans des paradis fiscaux", explique un haut responsable de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci).
Il n'y a guère que le slogan écrit sur les murs du lycée de jeunes filles fraîchement repeint et rouvert grâce à l'aide internationale pour proclamer "la Côte d'Ivoire, unie à jamais". "Et non ! Nous avons braqué le nord et nous ne le lâcherons pas", rectifie en souriant un cadre des FN. "Les élections, la réunification, le désarmement, tout cela c'est du cirque. Les affaires sont trop bonnes", ajoute-t-il.
Ce trentenaire gère l'un des corridors partant de Bouaké où passent plus de 500 camions par semaine. "Cumulés, les péages aux différents barrages des FN me coûtent jusqu'à 100 000 francs CFA (environ 170 euros) par semi-remorque", calcule un industriel. "Le coût de la tonne transportée est l'un des plus élevés au monde", confirme Jean-Louis Billon, puissant homme d'affaires ivoirien.
A quelques carrefours de la ville, des policiers des Forces nouvelles règlent tout aussi vainement qu'à Abidjan une circulation chaotique. Et rackettent les conducteurs pour moins cher que dans la capitale économique rongée par la corruption. Cherif Ousmane - et non les casques bleus pakistanais de l'Onuci déployés dans la ville - a aussi remis de l'ordre dans ses troupes de volontaires qui ne gagnaient leur vie qu'en terrorisant la ville. Mais on ne peut pas parler d'administration. Les fonctionnaires qui avaient fui les combats ne sont d'ailleurs revenus qu'au compte-gouttes.
Et surtout, le désarmement des milices - 6 000 hommes, selon les Forces nouvelles -, leur casernement ou leur intégration dans le Centre de commandement qui associe l'état-major loyaliste et celui des ex-rebelles sont illusoires. "Nous attendons l'argent d'Abidjan pour rénover les quatre casernes", se justifie le "Com-zone" Wattao. "Nous désarmons mais, en fait, nous avons encore nos armes", ajoute-il, elliptique, le regard dissimulé derrière ses larges lunettes de soleil. Le rapport des experts de l'ONU dénonce, quant à lui, le réarmement des ex-rebelles (et aussi des forces loyalistes) au mépris de l'embargo international.
Certes, à Bouaké, les habitants ordinaires ne regrettent pas de vivre dans une zone franche où l'eau et l'électricité sont gratuites. "A Abidjan, c'est le désordre, mais à Bouaké c'est le non-droit et l'arbitraire", résume un militant des droits de l'homme. Le temps de l'union sacrée est d'ailleurs révolu. "C'est de plus en plus dur pour tous les Ivoiriens (49 % vivent avec moins d'un dollar par jour). Mais moi, je vis ici, et je vois les "Com-zones" pleins aux as. Et nous, nous ne voyons pas la couleur de l'argent", se lamente Fanta.
Inscrite dans un programme de réinsertion des anciens combattants financé par la coopération allemande, la GTZ, cette ex-rebelle à la carrure de catcheuse est déçue. "J'ai fait le coup de feu pour un idéal, confie-t-elle. Je suis allée à la baston". "Mais cet idéal a disparu depuis longtemps", regrette-t-elle, une casquette kaki vissée sur sa tête, relique de cette époque.
"On voulait chasser le régime corrompu de Laurent Gbagbo (président en fonction depuis 2000), oublier le tribalisme en donnant aussi une chance aux gens du nord marginalisés. Pour ça on a arrêté l'école, on a rejoint les "Com-zones". Maintenant, on galère, alors qu'ils nous avaient promis une vie meilleure", lâche-t-elle. "Aucune des parties n'a intérêt à reprendre les affrontements", juge un responsable de l'Onuci. Mais pour Fanta, malgré son amertume, "si ça chauffe à nouveau, j'y retourne".
Christophe Châtelot (LeMonde -
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17:29 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique com zone guerre côte d'ivoire

